Position

Raison d’être

Vous aussi, il vous arrive d’être pris de vertige face aux avenirs qu’on nous promet : transhumanisme, effondrement ou autre dystopie ? Comme nous, vous estimez que nous pouvons concevoir d’autres avenirs, désirables, soutenables et peut-être même réellement joyeux ? Comme nous vous pensez que notre présent est porteur d’autres mondes possibles à condition de changer notre manière de le voir ? Bienvenue dans l’aventure de l’Imaginarium-s !

Venez créer/développer avec nous les imaginaires qui nous aideront à tenir le cap dans les tempêtes à venir ! Quel-s monde-s voulons-nous habiter par-delà les tempêtes, quelle-s vie-s voulons-nous mener dans l’avenir ? 

Pourquoi s’intéresser aux imaginaires ? les filets de l’Atacama

Pourquoi face à l’urgence de la transition, sommes-nous toujours plus nombreux à croire à la nécessité de renouveler nos imaginaires ? Le détour par l’imaginaire est-il indispensable à l’action ? Oui, si l’on accepte de penser que l’imaginaire n’est pas un songe creux, une évasion hors de la réalité. Les imaginaires sont nos sources d’énergie. Nous agissons moins sous la contrainte des réalités souvent insaisissables (qui voit réellement le changement climatique, la perte de la biodiversité ?) que mis en mouvement par nos émotions, nos convictions, nos rêves et nos désirs. L’Imaginarium-s va collecter et contribuer à produire de nouveaux récits, il va plus encore chercher à renforcer leur écho, à leur donner de la puissance afin qu’on puisse s’en nourrir pour l’action.

Dans le désert d’Atacama, de grands filets ont été dressés pour capter l’humidité des vents et des brouillards. Les nuées, en traversant les filets, laissent perler et ruisseler l’eau du désert. Comme les filets de l’Atacama captent l’eau ambiante, l’Imaginarium-s vise à capter les récits ambiants et à les concentrer pour qu’ils soient sources d’action. Les récits ne sont que la matière d’un imaginaire collectif, ils ont vocation à être partagés, repris, enrichis, expérimentés, discutés…

Un Imaginarium-s au singulier pluriel

L’Imaginarium-s s’écrit au singulier-pluriel pour signifier qu’il est à la fois une proposition originale et une réalité multiple. Les récits sont nécessairement pluriels ainsi que les chemins pour les capter.

L’imaginarium-s vous aide à imaginer ces récits au travers d’expéditions, qui mêlent exercice de prospective et immersion dans des dispositifs créatifs pour un retour à l’action dans un présent modifié.

Deux mouvements sont possibles : une projection dans l’avenir à partir de germes de changement dont on explore le potentiel de transformation à partir de la question « Et si …? » ; l’observation décalée de notre manière d’habiter le monde où l’on regarde le présent avec les yeux du futur (et un peu de désir !). Dans les deux cas on peut vivre une expérience immersive et la partager avec d’autres, dans les deux cas on s’appuie sur des récits pour enrichir nos imaginaires, dans les deux cas, on engage des changements d’attitudes et de manières d’agir !

Redécouvertes du présent ou immersions dans le futur, nous proposons d’enrichir nos imaginaires, de changer nos boussoles pour nous donner envie de nous mettre en action et avoir la maîtrise de notre avenir.

L’Imaginarium-s ne croit pas à l’unicité d’un avenir désirable, identique pour tous, en revanche ses initiateurs partagent la conviction que nous avons besoin de mettre à jour de nos cartes et nos boussoles pour créer des avenirs en commun.

Un nouveau cap : nos boussoles tournées vers le Vivant

La boussole qui guide actuellement nos sociétés a fixé son cap sur l’Economie, arraisonnant la technologie, isolant la politique et négligeant le vivant. Cette orientation conduit à la démesure, à l’hubris.

L’Economie, qui était originellement une économie politique, s’est depuis 40 ans complètement autonomisée, ses « lois » s’imposant désormais sans que le Politique n’ait à intervenir. La politique s’est repliée sur une approche gestionnaire des institutions négligeant les capacités d’initiative au service du bien commun de la société.

La rationalité technoscientifique a considéré la nature comme un réservoir sans limite, l’homme s’étant arraché de sa condition animale par son pouvoir sur la nature. Jusqu’au délire transhumaniste qui ne voit plus la réalité humaine que comme un code éventuellement transposable sur tout autre support que son corps vivant.

La boussole qui doit désormais nous guider met le Vivant à la place de l’Economie. D’une boussole dominée par le quadrant Economie Technologie, nous passons ainsi à une boussole orientée par l’articulation Vivant Politique. Le Vivant servant à donner le cadre et les limites, le Politique mettant l’accent sur le commun, sur ce qui relie les pôles et les fait interagir.

De nouveaux repères sur nos cartes : les mots-clés du monde en germe

Quelques mots-clés apparaissent toujours plus nettement sur nos cartes : ce sont les germes de changement déjà actifs et que nous pouvons cultiver.

« Et si la permaculture était largement diffusée ? », « Et si le tirage au sort était une pratique courante de nos démocraties ? », « Et si chacun bénéficiait du revenu minimum universel ? »

Ces questions ouvrent des voies, et invitent à se raconter les histoires quotidiennes du nouveau monde qu’elles dessinent. Ces mots-clés sont donc autant de repères pour s’orienter dans les expéditions que nous allons entreprendre.

  • Des repères pour le vivant : bio-inspiration, mésologie, symbiose, co-évolution du vivant, logiques régénératives, prise en compte du temps long…
  • Des repères pour l’économie : revenu d’existence, œconomie branche de la gouvernance, fonctionnalité et circularité, activité plus qu’emploi, monnaies complémentaires, …
  • Des repères pour le politique : pratiques délibératives, tirage au sort, démocratie complexe, dialogue entre parties prenantes, initiative citoyenne et sociétale, pouvoir d’agir, associationisme, convivialisme…
  • Des repères pour la technologie : low tech et slow tech, principe de précaution, expertise d’usage, design for all,…

Cette réorientation de notre boussole amène à réexaminer notre approche de l’humain : notre boussole actuelle est réglée pour l’homo economicus. On sait que cette approche n’est qu’une convention, mais une convention agissante. Ça ne doit plus nous empêcher de voir une autre dimension de l’humain. L’humain est tout autant « resonans » qu’economicus, pour reprendre le terme de Hartmut Rosa. Il est relié aux autres et au monde dans une interaction vivante. En regardant ce versant de notre humanité, on voit l’empathie, la personne comme individu relié, la spiritualité et l’incomplétude, la place de la fragilité, la sortie de l’hubris technoscientifique, la pluralité des croyances et des visions du monde…  
Depuis quelques années se multiplient les recherches dans tous les domaines en ethnologie, en psychologie, en sciences cognitives, en économie, pour faire apparaître cette autre dimension de l’humanité laissée de côté par des années de compétition, de concurrence et de marchandisation. L’Imaginarium-s entend s’appuyer sur cette richesse pour monter ses expéditions !


 1 – Le Vivant est ici pris dans sa triple acception : biochimique, écosystémique et civilisationnelle (voir notamment Miguel Benassayag, la Singularité du vivant)